#210 – Crétinismes

Viens, on va se caresser mutuellement l’intelligence.

Ça nous rassurera.

 
Je suis sûr qu’on peut trouver un sujet sur lequel on est mieux informés que tous ces gens qui nous entourent – tous ces ignares. Un sujet sur lequel on sera d’accord toi et moi pour dire qu’on a raison et qu’ils ont tort, même un truc futile on s’en fout. Faut juste qu’on se regarde avec connivence et qu’on se projette au-dessus de la mêlée, bien loin de la masse.

On est plus intelligents qu’eux, ça fait du bien d’en être certains.

 
On va se rappeler l’un à l’autre qu’un chanteur qu’ils aiment tous est mauvais – sérieusement, le type a les pires chansons du monde. Qu’un film qu’ils détestent est bon – c’est juste qu’ils n’ont rien compris. Que c’est dans ce sens que devraient aller les politiques, que ce problème de société a une solution toute simple, que forcément cet accusé est coupable, que le match était truqué, et que ça se voit que c’est du playback.

Tu vois, on a le même avis. Le bon avis.

 
Les autres ne voient pas ce qu’on voit. Ils sont aveuglés, bêtes, idiots. Ils ne réfléchissent pas, incapables de saisir la vérité. J’aimerais bien leur en faire la démonstration un jour. Leur montrer la réalité, leur expliquer ce qu’il faut savoir, ce qu’il faut vraiment penser ! On pourrait sûrement rendre le monde meilleur en leur ouvrant les yeux.

Pas sûr qu’ils arrivent à se remettre en question, cela dit. Ils sont tellement bornés… Presque fiers de leur ignorance.

 
Et si c’était nous qui avions tort ? Non, c’est impensable. C’est impossible. Délirant. On ne va tout de même pas se remettre en question – d’ailleurs on n’en a pas besoin puisqu’on est plusieurs à penser la même chose, c’est bien que ça doit être la vérité, non ? On a raison, c’est sûr et certain. On est meilleur que les autres.

Ils ne comprennent rien.

 

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#209 – Nouveauté

« J’ai besoin de sang neuf.

On se lasse vite, quand il n’y a pas de sentiments.

 
Y a des hommes qui croisent mon chemin. Plein. Ils ne restent jamais parce qu’ils ne m’intéressent pas, et parce que de toute façon je ne le supporterais pas. Les gens qu’on n’aime pas on en a vite fait le tour ; en deux ou trois fois c’est plié, plus besoin d’en reparler ou de réessayer.

Alors je consomme en quantité, parce que c’est le seul moyen de compenser le manque de qualité. Il paraît que ça fait des envieuses mais moi je donnerais surtout tout pour être amoureuse.

 
C’est pas la même étincelle, quand t’as quelque chose dans le cœur. Ça n’a pas forcément à être un amour fou et infini : un peu de romance suffit. La sensation que l’autre est particulier, qu’il n’est pas qu’un numéro, pas qu’un nom de plus sur une liste – qu’un simple pion du plaisir.

Quand tu ressens quelque chose de spécifique pour une personne précise tes gestes ne sont pas les mêmes et ton corps réagit différemment.
Il réagit mieux.

 
Certains diront que je ne leur laisse pas leur chance, à ces hommes de passage. Que je ne leur donne ni la possibilité de percer ma carapace ni le temps d’essayer, et que donc forcément ils ne peuvent pas me donner envie de rester à leurs côtés plus longuement. C’est une théorie qui se tient bien sûr, mais ce n’est absolument pas la mienne.

Tous les hommes qui ont compté – vraiment compté – ont été très vite importants. Il ne leur a pas fallu des jours ni des mois pour me séduire : je savais déjà en les rencontrant qu’ils seraient spéciaux pour moi, et qu’ils dépasseraient tous les autres.

Alors en attendant de retomber sur une perle rare du même acabit, je passe le temps.

 
Et toutes les nuits, avant de sombrer, je me dis que j’ai besoin de sang neuf. »

 

#208 – Preuves

Je meurs d’envie de te voir et en même temps je veux pas que ça arrive. Il est trop tôt.

J’ai pas encore assez changé.

 
Ça peut sembler absurde, dit comme ça. Après tout si tu m’as aimé, c’est comme j’étais. Seulement de toute évidence tu m’aimais pas assez – alors ça veut dire qu’il faut changer. S’améliorer. Devenir meilleur. Faut corriger ce qui va pas.

Je dois évoluer pour te prouver que tu t’es trompée.

 
Ce que je veux surtout, c’est te montrer que sans toi la vie a continué. Je veux te montrer que j’ai été fort, que je me suis pas arrêté, que je me suis pas figé dans l’état dans lequel tu m’as laissé. Je veux te montrer que j’ai tellement persisté à avancer que ça se voit carrément du premier coup d’œil, sans forcer.

Je veux que tu me croises et que tu restes bouche bée devant ce que je suis devenu. T’en reviendras pas.

 
Alors bien sûr c’est un risque. Si ça se trouve tu préfèreras l’ancien moi ; si ça se trouve tu te diras que je ne suis pas le même que celui de tes souvenirs et qu’ils font bien de rester dans le passé. C’est une possibilité.

Le pari que je fais c’est qu’au contraire tu vas réaliser que t’as fait une erreur. Que t’aurais aimé être à mes côtés pendant cette transformation. Que je suis mieux qu’avant.

 
Et puis au pire, si tu ne te rends compte de rien ou si rejettes mon changement, au moins j’aurai avancé. Je serai fier de moi, même si toi tu ne l’es pas. J’aurai la preuve que je n’ai pas attendu – que j’ai vécu, vraiment vécu, malgré ton absence.

Tu vas voir.

 

#207 – Apaisement inattendu

Allongé sur son lit, il sourit.

Il pense à Elle.

 
Il se rappelle. Ses mains. Sa bouche. Son nez qui se plisse et ses lèvres qui se gonflent. C’est un peu flou, juste ce qu’il faut pour ressembler à l’image du souvenir fantasmé comme on la voit au cinéma. C’est doux.

Elle est tellement belle.

 
Il en avait besoin, de ce temps à eux. Il court partout en ce moment, il n’arrête pas et ne prend plus la peine de penser. Alors il a mis un peu de musique, s’est couché, et a simplement observé le plafond. Rien que ça, rien que cette espèce de méditation qui n’en est pas.

Il n’avait pas prévu de penser à Elle. Au contraire, il aurait voulu calmer la douleur de son absence, la noyer dans ce moment de calme qu’il s’octroyait.
Il ne s’était pas douté un seul instant que le salut viendrait en réalité du bourreau.

 
C’était presque étrange qu’il soit à ce point apaisant de penser à Elle. C’était comme avant – avant quand tout allait bien, avant quand ils se voyaient tout le temps… avant, quand Elle était là. Ce sentiment n’aurait pas dû revenir, pas alors qu’Elle s’était rendue à nouveau inaccessible.

Ça n’avait aucune raison d’arriver. La colère il aurait pu comprendre – le chagrin, le manque et même le ressentiment, il aurait su les appréhender. Mais cette quiétude qui s’invitait et venait l’habiter le prenait complètement par surprise.

 
Pourtant, il aurait pu s’en douter. Qu’un tel sentiment s’exprime, à ce moment-là, c’était la preuve de tout ce qu’il racontait sur son amour pour Elle – l’accomplissement de ce qu’il disait éprouver. S’il ne l’avait pas vu venir c’était parce qu’il avait presque fini, lui aussi, par ne plus y croire ; bouffé par le temps qui passait et les violences du quotidien qui s’accumulaient il avait failli oublier ce qu’Elle était vraiment. Ce qu’Elle lui apportait.

Ce qu’Elle représentait.

 

#206 – Déblayer

Reprendre sa vie en main ça passe autant par les petites choses que par les grandes. Ça va sembler absurde aux gens qui vont bien, et même aux gens qui vont plutôt bien — d’ailleurs on sait tous ce qu’il veut dire, ce plutôt bien souvent accompagné d’un « oui » lâché dans un soupir et camouflé sous un sourire. Mais croyez moi. Travailler pour aller mieux ce n’est pas forcément tout chambouler.

 
Faire la vaisselle, faire le ménage, ranger un peu. La base, non ? Eh bien quand tu vis dans ton lit, quand tu passes tes journées en pyjama sous la couette alors que t’es pas en vacances ou en week-end, cette base ça peut devenir l’Everest. Les tas de vêtements s’accumulent, les moutons de poussière aussi, et ton évier déborde mais tu t’en fous : tu laves ce dont t’as besoin au fur et à mesure, sans jamais te contraindre à vider le bac, plier le linge ou passer un coup d’aspirateur. Il faudrait de la force pour ça et t’en as pas ; c’est plus facile de fermer les yeux et de repartir te fourrer sous les draps.
Sauf que même les yeux fermés ton cerveau voit, lui. Il sait.

Tu sais.

 
T’as beau faire semblant que ce n’est rien, que ce n’est pas grave, tu sais au fond qu’il y a un truc qui va pas. C’est pas ton bordel habituel, ce sont pas douze papiers éparpillés sur un bureau ou trois t-shirts sur une chaise. Non, là rien n’est à sa place, rien n’est rangé : tout traîne, un peu comme toi qui sais pas où tu vas ni comment t’y vas. T’as pas de but, t’as pas de fonction et c’est ça que tu ressens quand tu vois l’état dans lequel c’est chez toi ; tu te prends en pleine face ta déperdition et ça l’aggrave, car plus le temps passe plus tu te dis que ça vaut pas le coup de mettre de l’ordre. Que de toute façon les choses ne changeront pas parce que tu fais un peu de rangement.

Et pourtant.

 
Si tu déblayais tout ça, ça irait mieux. Tu pourrais respirer, plutôt que d’étouffer sous les tas de trucs qui s’emparent de chez toi. Avoir en permanence sous les yeux ce désordre absolu ne fait que te rappeler celui qu’est ta vie, sans pour autant t’offrir de solution — alors fais-toi une faveur.

Avant de partir à l’assaut du monde extérieur, arrange ton intérieur.

 

#205 – Tes gémissements

La première fois que je t’ai entendue gémir je me suis dit que je voulais écouter ce son toute ma vie.

 
Ils sont pas nécessairement beaux, tes gémissements. Dans l’absolu ils ne sont même pas les plus agréables qu’il m’ait été donné d’entendre. Ils ne sont pas parfaits – parfois trop aigus, trop tranchants. Et pourtant. Va savoir pourquoi.

Ils ont résonné en moi.

 
Je les ai découverts en même temps que j’ai découvert tes seins nus – quand je les ai embrassés pour la première fois. Un de tes tétons était prisonnier de mes lèvres quand ton gémissement est parvenu à mes oreilles ; il m’a immédiatement donné envie de redoubler d’ardeur et de prêter plus de vigueur à mes coups de langue. Je voulais l’entendre à nouveau, le provoquer et te permettre d’exprimer, encore plus, ton plaisir.

Ça n’a pas raté, et la sensation de ton corps qui se tend contre le mien ce soir-là me revient encore très souvent.

 
Après tes gémissements j’ai rencontré tes râles. Plus graves, plus rauques.
Un son plus animal.

Je les aime, tes râles.

 
Tes râles tu les réserves pour un plaisir plus intense, plus profond. Ils sont sauvages, et viennent rouler contre mes oreilles quand ton excitation est à son paroxysme – quand je les entends je sais que, si je continue ce que je suis en train de faire, bientôt tu vas jouir. Cette proximité avec ton orgasme leur donne une saveur particulière qui exalte mes sens ; c’est dans ces moments-là que nos doigts s’entremêlent, que nos bouches fusionnent, que nos bassins s’entrechoquent avec ardeur, que nos sueurs se mélangent, que nos cœurs battent plus fort, que nos corps vibrent et s’échauffent jusqu’à ne faire plus qu’un et que tu jouisses enfin.

Ils sont magnifiques, tes râles.

 
De façon assez incroyable, je possède un enregistrement de tes gémissements. Un tout petit fichier son de rien du tout perdu au fond de mon disque dur.

Un véritable trésor que je pense garder pour toujours.

 

#204 – Gelé

Sors-moi de là.

Pourquoi t’es pas là ?

 
La nuit referme ses crocs sur moi. Elle cherche à m’attraper depuis que t’es partie ; ce soir elle me mord et ne veut plus me lâcher. Je sombre. Je coule. Je meurs.

J’ai mal.

 
Il fait froid, tu sais. Le chauffage je l’ai monté, sous la couette je m’y suis glissé et pourtant je suis gelé. Mon corps n’accepte plus aucune chaleur car il a avant tout besoin de la tienne – sans toi il ne veut rien savoir, il s’enferme dans une forteresse glacée que rien ne peut contourner ni réchauffer.

Je suis prisonnier d’une enveloppe givrée, et rien ne semble capable de passer au travers. Rien à part toi.

 
Toi qui n’es pas là.

 
Ils vont ensemble, le froid et la nuit. Ils se sont ligués contre moi il y a bien longtemps – alors même que je croyais la nuit mon alliée, ma plus fidèle associée, mon atout unique et particulier. Je pensais qu’elle m’aidait, mais j’avais en réalité face à moi un cheval de Troie qui faisait entrer le froid dans ma vie et dans mon cœur.

J’ai plongé tête baissée vers ma propre déchéance, en étant persuadé d’avoir trouvé ma salvation.

 
Je me suis perdu dans les méandres d’un monstre multiple et vicieux. Un monstre qui te berce d’illusions et fait semblant de te soulager quand il ne fait que t’enfoncer. Le froid est entré et ne m’a plus lâché.

Il était discret, d’abord. Il se montrait de temps en temps mais sans faire trop de raffut – juste ce qu’il fallait pour que je le remarque mais ne m’en inquiète pas. Après quelques temps je savais que quelque chose n’allait pas mais il était trop tard : la nuit avait gagné, le froid s’était installé et j’étais condamné.

 
T’aurais jamais dû partir. T’aurais jamais dû me laisser.

T’aurais jamais dû mourir.
 

#203 – Jamais

Jamais.

 
Jamais un mot plus haut que l’autre.
Jamais la colère, jamais la violence, jamais l’éruption.

Jamais.

 
Jamais l’excès.
Jamais la démesure, jamais la flamboyance, jamais l’extravagance.

Jamais.

 
Jamais d’erreur.
Jamais malade, jamais absent, jamais un abandon.

Jamais

 
Jamais dormir.
Jamais faire la sieste, jamais se reposer, jamais écouter son corps.

Jamais

 
Jamais « non ».
Jamais prendre le temps pour soi, jamais refuser, jamais s’affirmer.

Jamais

 
Jamais la confiance.
Jamais l’assurance, jamais l’évidence, jamais la certitude,

Jamais.

 
Jamais la tranquillité.
Jamais la sérénité, jamais la quiétude, jamais le silence.

Jamais

 
Jamais le bonheur.

 
Y a des jamais qu’on s’impose, et puis des jamais qu’on subit.

Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, les premiers ne sont pas forcément meilleurs que les derniers.

 

#202 – Réalité > Fiction

La réalité a beaucoup de mal à se mettre au niveau de la fiction.
C’est vrai.

C’est vrai, et pourtant…
Pourtant la nôtre, de réalité, était plus forte qu’une fiction.

 
Dans notre réalité toi et moi on se comprenait sans se parler. Un regard suffisait.

Je n’y croyais pas à ça, avant. On peut se comprendre vaguement sans parler oui, mais il faut déjà bien connaître la personne, avoir passé du temps avec – beaucoup de temps. Toi et moi on finissait les phrases l’un de l’autre dix jours après avoir commencé à se parler ; on savait voir plus loin que ce que l’autre disait et découvrir le sens qui s’y cachait. On perçait la protection que peuvent être les mots, et on voyait ce qu’ils dissimulaient.

 
Dans notre réalité je faisais des détours de trente minutes pour en passer quatre avec toi, même dans le froid ou sous la pluie – et il t’arrivait de faire de même.

Certaines semaines on ne pouvait pas se voir souvent, mais l’envie était là et elle était trop forte. Alors nous devions créer du temps, créer du temps pour nous car il n’existait pas. Et même si un aller-retour nous coûtait une heure, être cinq minutes l’un avec l’autre la valait plus que largement. Pouvoir se perdre dans les yeux de l’autre, c’était tout ce à quoi on aspirait.

 
Dans notre réalité le sexe était magique. Vraiment magique.

Je n’ai jamais joui aussi fort qu’avec toi – et je sais que c’est pareil pour toi. On a découvert plein de choses tous les deux, des envies insoupçonnées, des pratiques qui nous excitaient, des mots qui nous stimulaient. On a réalisé bien des fantasmes, commis des transgressions, été plus loin que tout ce qu’on aurait pu imaginer avant de se rencontrer. C’était inattendu. C’était merveilleux.
C’était bon.

 
Dans notre réalité on se disait toujours la vérité. Notre relation était basée sur une confiance absolue et même si on ne se disait pas tout, on ne mentait jamais.

Cette idée semble tellement utopique que la voir écrite me donne à moi-même envie de rire, mon esprit critique se moquant de la partie de ma personne qui aurait pu croire à cela. Et pourtant, ce dont je parle était bien réel. Avec toi j’ai surmonté ma propension maladive au mensonge ; c’était dur parfois mais je te devais la vérité, toujours. Pas de petits arrangements, pas d’angles polis et arrondis – rien que la vérité crue, violente parfois. Ça ne marchait que parce que c’était toi ; parce que c’était toi et moi.

 
Oui, notre réalité était bien meilleure que toutes les fictions.

Jusqu’à ce qu’elle en devienne une.

 

#201 – Réalité < Fiction

Je me demande quand je vais finir par te croiser. Après tout, je passe en bas de chez toi toutes les semaines, plusieurs fois par semaine. C’est pas un truc flippant de stalker hein, c’est juste que c’est devenu, par la force des choses, le nouveau chemin que je dois emprunter.

Je pourrais faire un détour, mais je ne sais pas si ce serait une victoire ou une défaite. Je ne sais pas si ça montrerait que finalement je m’en fous de te croiser ou si ça dénoterait que j’en ai peur.
D’autant qu’au fond j’en ai surtout envie.

 
Je me pose souvent la question de savoir si un comportement, dans le cadre de relations amoureuses, est acceptable ou non. Plus j’y réfléchis plus je crois que j’ai des tendances qui feraient vraiment peur – je serais capable de fouiller tous les bars du quartier pour te retrouver, de me faire inviter à des soirées car je sais que je t’y apercevrai, de venir te chercher au boulot même si je suis pas censé savoir où c’est.
En même temps, dans toutes les comédies romantiques, le mec qui se pointe à l’improviste chez la personne avec qui c’est compliqué est super bien accueilli. Ça fait même rêver les gens, coucou Love Actually.

Mais sérieusement, si j’arrivais chez toi avec des pancartes pour te raconter ce que je ressens, je crois que je passerais surtout pour un fou. Ça fonctionne que dans la fiction ce genre de trucs, ça n’a pas sa place dans la réalité malheureusement.

 
Pourtant oui, j’aimerais pouvoir le faire. J’aimerais pouvoir attendre des heures en bas de chez toi pour te voir enfin passer, pour aller à ta rencontre et dire tout ce que je n’ai pas dit depuis trop longtemps. J’aimerais pouvoir t’écrire des lettres, j’aimerais pouvoir débarquer avec des fleurs, avec un ghetto blaster qui crachoterait une de nos chansons. Seulement il faut se rendre à l’évidence : on n’est pas dans un film.

Et on n’est pas non plus des personnages de roman.

 
La réalité a beaucoup de mal à se mettre au niveau de la fiction.