#241 – Rejet

J’ai même pas envie de te faire l’honneur d’un post. Dégage.
Tu me dégoutes.

Tu me donnes envie de vomir.

 
C’est rare, les gens qui m’atteignent physiquement tellement ils sont odieux. Il en existe vraiment très peu, et en général ça se calme vite. Mais là…

Là t’es tellement un monstre que tu me donnes envie de te cogner, de t’attraper et de massacrer ton visage jusqu’à ce que tu sois méconnaissable. Je veux t’abîmer de la même façon que tu m’as abimé.

Salement. En traître.
Tu mérites pas mieux.

 
Bien sûr je ferai rien. Non pas que ce soit pas dans ma nature – je serais pas en train de bouillir à ce point sinon – mais parce que ça ne correspond ni à ma vision du monde ni à ce que j’essaie d’y apporter.

Je veux être meilleur que mes instincts. Meilleur que toi, que vous, que d’autres.
Je veux montrer l’exemple.

 
Alors oui, je me musèle. Je choisis de pas te détruire, de peut-être souffrir un peu plus moi-même. Toi tu peux pas le comprendre ça, ça rentre pas dans ton schéma de pensée, dans ton égoïsme permanent et exacerbé. Tu vois ça comme une faiblesse, et t’as peut-être raison d’ailleurs parce que de telles décisions affaiblissent, souvent. C’est le prix à payer pour que les choses puissent avancer.

Avancer dans la bonne direction.

 
Le pire c’est qu’avant ce soir j’avais encore un peu d’estime pour toi – même sans trop savoir pourquoi. T’avais tes défauts bien sûr mais je pensais que t’avais bon fond, que t’étais juste là à tirer ton épingle du jeu avec une doctrine bien à toi, et tant pis si elle était différente de la mienne.

Depuis j’ai compris que la seule chose qui t’intéresse c’est toi et que s’il le fallait tu brûlerais le monde entier simplement parce que ça te fait te sentir bien. Tu ne connais ni la compassion, ni le respect, ni l’honneur. T’as pas du cœur.
T’es fondamentalement mauvaise.

 
Donc ouais, dégage. Je sais que t’es persuadée d’être la reine du monde, je sais que t’es persuadée d’avoir tout compris et de te balader au milieu de cloportes qui ne méritent aucune considération, mais un jour ça va t’éclater à la figure. On ne peut pas sans cesse piétiner des gens et espérer toujours s’en tirer.

Prends garde à toi, C.

Prends garde à toi.

 

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#240 – Relève-toi

Relève-toi.

 
Il faut marcher, encore. Il faut avancer. Il ne faut pas s’arrêter, il ne faut pas abandonner.
Jamais.

 
Relève-toi.

 
Oublie la douleur. Oublie la peur, oublie l’angoisse et l’horreur, oublie l’espoir et la volonté qui se meurent.
Fais face à la fureur.

 
Relève-toi.

 
Ne prête attention ni aux traîtres, ni aux traîtresses. N’aie d’égard que pour ceux qui te redressent et évite ceux qui t’abaissent. Surmonte tes faiblesses. Détruis ta détresse.

 
Relève-toi.

 
Affronte le monde. Ne renonce pas – pas même une seconde. Débusque l’immonde, oppose-lui ta fronde et propage-la sur les ondes.

 
Relève-toi.

 
Bats-toi. Ne baisse pas les bras, et d’ailleurs n’y pense même pas.
Chaque jour il faut faire un pas.

 
Relève-toi.

 
Il faut marcher, encore. Il faut avancer. Il ne faut pas s’arrêter, il ne faut pas abandonner.
Jamais.

 
Relève-toi.

 
Relève-toi toujours.

 

#239 – Interstitiel

Je ne serai jamais un cool kid. Je touche souvent leur club du bout des doigts mais je me fais sortir à chaque fois.

J’suis pas comme eux.

 
Être un cool kid c’est un travail. Un vrai travail. Faut prouver qu’on mérite son rang tous les jours ; faut être hautain, condescendant, prêt à se montrer supérieur en toutes circonstances. Il faut cette volonté constante d’écraser au moins un peu les autres, ce gramme de méchanceté qui permet de rester au sommet.

Ce gramme que j’ai perdu y a bien longtemps et qui fait que chez les cool kids je ne suis définitivement pas à ma place.

 
En même temps, où que j’aille, je ne suis jamais à ma place. J’en ai même pas de place, parce que je navigue entre tous les milieux. Entre tous les clans.
Je suis incapable de me poser ; j’ai besoin d’explorer, de voir le bon et l’affreux dans chaque groupuscule que je croise. J’arrive pas à me reconnaître dans l’un d’eux à un tel point que ça déclencherait chez moi cette réaction étrange, celle qui te dicte que tu es arrivé chez toi, que t’as trouvé le monde que tu veux faire tien – celui dont tu fais partie.

Moi le monde que je veux faire mien est trop vaste pour qu’on y pose simplement ses valises comme si on venait de regagner son foyer.
Le monde que je veux faire mien, c’est le Monde lui-même.

 
C’est pour ça que je n’embrasse jamais une unique vision, que je ne me repose pas sur un allié irremplaçable. J’ai besoin de variété pour ne pas me limiter à une seule tribu – j’ai besoin de voir le plus possible, de savoir le plus possible, de découvrir tout ce qui se cache autour de moi.

Bien sûr ça me rend solitaire mais j’ai pas d’autre choix, et finalement j’ai même de la chance de pouvoir en être capable. De supporter d’être toujours mis de côté.

 
Chez les riches, je suis le pauvre. Chez les pauvres je suis le riche. Chez les abreuvés de télé-réalité je suis le cultivé au mieux, celui qui se la joue au pire. Chez les amoureux de culture classique je suis le rebut biberonné à la pop culture. Chez les gamers je suis le newbie ; chez les autres je suis le fan de jeux vidéo. Pour certains je suis bourgeois, précieux, ignorant, inutile, chétif, incapable ; pour d’autre je suis issu de la culture populaire, désinvolte, savant, indispensable, sportif, adroit. Je suis tout et son contraire, ça dépend d’où tu places le curseur.

J’ai pas de place fixe.

 
Quoiqu’il arrive, je ne suis jamais rien de plus qu’une pièce rapportée. Une âme perdue entre toutes les factions.

L’interstitiel.

 

#238 – Rubis rose

Ses lèvres.
Ses lèvres sont irréelles.

On les dirait nées sous le crayon du plus exigeant des dessinateurs.

 
Il a pris tout son temps, ce dessinateur. De la première ébauche à la colorisation il s’est appliqué, apportant un soin maximal à chaque détail. Il s’est surpassé, réalisant avec cette bouche son chef-d’œuvre. La perfection absolue.

La teinte parfaite.

 
Plus que leur forme c’est en effet leur couleur qui retient l’attention. Mon attention. Ces lèvres explosent d’un rose vibrant, un rose que les autres lèvres ne peuvent afficher qu’à travers des artifices.

Il est beau ce rose – brillant, éclatant, émouvant. C’est une nuance unique, un peu glacée et très précieuse ; un rubis rose, que l’on aurait serti sur un visage pour l’illuminer. Un rubis rose doux et satiné.

 
Quand j’ai vu ces lèvres pour la première fois j’ai immédiatement eu envie de les goûter. Étaient-elles sucrées, aussi tendres qu’elles le laissaient penser ? Étaient-elles volontaires et toujours gracieuses, même entrouvertes ? Même en pleine action ? Savaient-elles faire autre chose que poser ou bien fallait-il se contenter de les admirer mais surtout, surtout ne jamais faire l’erreur de les voir utilisées ? N’étaient-elles finalement qu’une décoration, un ornement certes magnifique mais tristement inutile ?

J’aurais été déçu, si leur effet n’égalait pas leur beauté.

 
Avant de l’embrasser j’étais un peu anxieux, car j’avais peur que rien ne soit à la hauteur de mes espérances. Je ne voulais pas qu’elle se désenchante elle-même, transformant sa bouche en un feu de paille de plus. J’espérais qu’elle lui fasse honneur.

Lorsque ses lèvres ont enfin touché les miennes et que j’ai perdu la notion du temps j’ai su que je n’avais aucune raison de m’inquiéter.

 
Ses lèvres étaient irréelles, et j’allais bien en profiter.

 

#237 – Mauvais rêve

J’ai fait un rêve des plus étranges, la nuit dernière. Un de ceux qui commencent bien mais se terminent dans l’horreur, les sueurs froides et les respirations haletantes.

Je ne me souviens pas de grand chose si ce n’est de la sensation qu’il m’a laissée, et de la dernière image que j’ai vue avant de me réveiller.
C’était moi, regardant le dos de ma main sur lequel était gravée une phrase.

 
« Putain, qu’est-ce que t’as encore fait, cette fois ? »

 
Quand j’ai ouvert les yeux j’étais rongé par la culpabilité. J’avais l’impression d’avoir commis les pires atrocités, d’incarner le mal absolu, d’être la source de tous les maux. Ces mots percés dans ma chair me sautaient en permanence aux yeux, je ne voyais plus que ça.

Ça m’a poursuivi toute la journée.

 
J’ai tout fait pour m’en débarrasser, évidemment. A priori je n’avais rien fait ; c’était un bête mauvais rêve, et ça n’aurait pas dû m’alarmer autant ni me toucher si profondément. La culpabilité aurait dû disparaître au petit-déjeuner, ou s’évaporer tranquillement sous la douche. Pourtant elle résistait, et me collait au corps.

J’étais incapable de m’en détacher.

 
Je ne savais pas de quoi je m’accusais, mais c’était soudainement devenu réel. Le cauchemar s’était invité avec une telle force dans le tangible qu’il l’absorbait, me dévorant au passage. J’avais peur, peur de l’abomination, peur de la brutalité, peur de ma potentielle sauvagerie.

Je ne cessais de me tourmenter.

 
Qu’est-ce que j’avais encore bien pu faire, cette fois ?

 

#236 – Changements malvenus

Les pires rencontres que l’on puisse faire, ce sont les gens qui deviennent progressivement des abrutis.

Quelle plaie.

 
Au début tout va bien. Mieux : on rencontre quelqu’un qui semble incroyable, quelqu’un d’intéressant, de cultivé, quelqu’un qui a l’air de tout connaître sur tout, de se passionner pour un millier de sujets. C’est impressionnant, intimidant même ; on se sent tout petit, ravi d’avoir le droit d’accéder à tout ce savoir, heureux de pouvoir ne serait-ce que discuter avec une personne aux connaissances aussi vastes – et qui soit prompte à les partager, sans être doctorale pour autant. On est toujours très impatient de la revoir, car on sait qu’on va passer un bon moment tout en apprenant quelque chose et en ayant des conversations captivantes.

C’est sûr : on a trouvé le Saint-Graal.

 
Et puis tout se gâte.

 
C’est très léger, d’abord. Quelques doutes naissent au détour d’une phrase mais on n’y prête pas trop attention, parce qu’on ne veut pas y croire. Ce n’est pas censé être possible alors on passe outre, comme si ça n’avait pas existé.

Sauf que les preuves s’accumulent et que bientôt on ne peut plus nier. On est en réalité face à un abruti – et dans le pire des cas, face à un gros con.

 
Comment ce glissement s’opère-t-il ? Si on le savait, on aurait tenté de l’empêcher. On est de toute façon incapable de voir si la personne en question a en réalité toujours été comme ça – c’est alors nous qui aurions évolué – ou si c’est bien elle qui a changé. Dans un sens comme dans l’autre le résultat est le même : non seulement on ne veut plus la fréquenter, mais en plus on s’en veut de l’avoir fait par le passé. De ne pas avoir réalisé plus tôt à qui l’on avait vraiment affaire.

On est déçu, par l’autre comme par soi.

 
Alors évidemment ça veut dire qu’on avance, oui. Mais à quel prix ?

 

#235 – Épuisé

Je le sais : mes réflexes s’émoussent, ma réflexion aussi.

Dormir en fractionné, ce n’est pas une bonne idée.

 
En ce moment je dors mal. Très mal. Je sombre dans le sommeil sans le vouloir pour me réveiller quelques heures plus tard, plus fatigué que si je ne m’étais pas couché. J’émerge dans la surprise, car je n’avais rien demandé ; mon ordinateur trône sur mes genoux, la lumière est allumée et pourtant pendant de longues minutes mon corps m’a lâché, incapable de rester dans la course. Incapable d’absorber l’impact du rythme que je lui impose.

Peut-être qu’il essaie de me dire quelque chose.

 
Il est vrai que j’abuse un peu, ces temps-ci. Je me couche de plus en plus tard sans repousser l’horaire de mes réveils ; je réduis chaque jour mon temps de sommeil. Je m’épuise en fait, sans aucune raison. Je ne reste pas debout plus longtemps pour travailler ou faire quelque chose, mais bien simplement pour rester. Je vagabonde sans sortir de chez moi ; au lieu d’errer dans les rues j’erre depuis mon lit, un clavier entre les mains, le visage baigné par le rétro-éclairage d’un écran.

Je suis là. Je ne fais rien.
J’attends.

 
Alors forcément, mon corps me le fait payer – d’autant que je ne lui offre ni repos ni siestes pour compenser. Mes journées sont les mêmes qu’avant, remplies au possible, crevantes pour n’importe qui et désormais particulièrement pour moi. Je n’arrive pas à retrouver un rythme normal et je ne sais pas pourquoi ; je souffre de plus en plus, incapable de retrouver une gestion de mon temps de sommeil plus équilibrée.

Clairement, je me défonce à l’épuisement.

 
On se détruit comme on peut.

 

#234 – Apparitions

Je la vois toujours partout. De plus en plus. Elle.

C’est effrayant.

 
Ça a commencé dans son quartier. À chaque fois que j’y passe et que je croise quelqu’un de sa corpulence ou ayant la même couleur de cheveux je ne peux m’empêcher de vérifier furtivement que ce n’est pas Elle. Elle habite ici alors Elle doit bien passer dans ces rues de temps en temps, non ?

En général cette impression de l’apercevoir se dissipe vite : je sais bien que les probabilités de tomber sur Elle sont minimes et puis il y a toujours un élément qui me ramène à la réalité avant même que je ne puisse voir le visage de la personne qui me fait douter – un vêtement qu’Elle ne porterait pas par exemple, ou une façon de marcher qu’Elle n’adopterait pas.

Et puis, parfois, ça ne suffit pas.

 
Parfois mes yeux me jouent des tours. Ils modifient les traits du visage qui se dresse devant moi, en adoucissent les contours, en troublent les angles. Ils ajoutent d’eux-mêmes deux ou trois détails, en effacent d’autres et maintiennent le plus longtemps possible l’illusion.

Je me retrouve face à un mauvais clone d’Elle, parce que je désire tellement la voir que mon propre corps décide de me tromper et de me faire croire qu’Elle est là, devant moi. Il joue sur mon espérance pour mieux me décevoir.

Quand je réalise que j’ai tort, que ce n’est qu’un mirage, je comprends soudain à quel point Elle me manque.

 
Récemment mes hallucinations se sont multipliées, quittant même son quartier et carrément la ville. Aujourd’hui j’ai même cru la voir à des centaines de kilomètres de chez Elle, quelque part où Elle n’aurait absolument aucune raison d’être – encore moins en cette période de l’année.

Il n’y a plus aucune logique dans ses apparitions… comme si j’avais juste besoin qu’Elle soit là.

 
Il y a tant de mois que je ne l’ai pas vue réellement, désormais.

Je crois que mon cerveau n’en peut plus.

 

#233 – Poussé à bout

Un jour y en a un ou une qui va me casser. Me casser vraiment.

Ça sera pas beau à voir.

 
Faut pas se méprendre, j’ai déjà été brisé – mais jamais au point de ne pouvoir recoller les morceaux, jamais sans avoir a posteriori la possibilité de tout remettre en ordre tout en consolidant un peu, ici ou là. La grande force de l’être humain c’est d’avoir la capacité de se relever toujours, de devenir meilleur, plus fort même, après avoir échoué.

Un jour je me relèverai une fois de plus mais quelqu’une chose aura changé ; un jour je me relèverai et l’énergie nécessaire à l’opération m’aura entièrement consumé, ne laissant qu’un être égoïste et attiré uniquement par la facilité envers sa propre personne.

 
Un connard.

 
Le coup fatal ressemblera à tous les autres. Il sera imprévisible, anodin ; ce sera la phrase de trop, l’acte malveillant qui fera déborder le vase. Il ne me fera pas subir pire que ce que j’ai déjà subi : ce n’est pas l’horreur qui me transformera mais sa répétition, son énième récidive. Je serai vaincu par des années de mauvais traitements, victime d’une érosion lente et douloureuse.

Quand je laisserai s’échapper ma dernière part d’humanité je la regarderai partir en me maudissant de n’avoir su la garder, et puis je basculerai entièrement dans l’infâme et n’y penserai même plus.

 
Dès cet instant je serai complètement différent. L’abomination en moi prendra la main ; je deviendrai un être fait de haine, de violence, de malveillance et d’animosité. Un cauchemar. La partie la plus réprimée de ma personnalité s’exprimera pleinement, trop heureuse d’être enfin de sortie – trop heureuse d’avoir enfin le dessus.

Je ne serai plus là pour l’enchaîner et vous en protéger.

 
Alors s’il vous plaît, arrêtez de me pousser à bout.

Arrêtez de me forcer à devenir ce monstre que je hais tant.

 

#232 – Rancœur

Je crois que c’est la première fois que j’en veux autant à quelqu’un.

C’est dire.

 
Je lui en veux d’avoir menti – de m’avoir menti. Elle m’avait dit qu’elle serait là pour moi, que j’étais son préféré, que j’étais important, que nous deux c’était à la vie à la mort. Elle l’avait répété, plusieurs fois. Et j’y croyais moi : c’était beau, c’était valorisant, c’était flatteur. Ça me faisait me sentir spécial, unique ; je pensais qu’elle voyait quelque chose en moi et en nous, et elle était parvenue à me persuader qu’elle était tellement au-dessus des autres qu’être son favori était un privilège immense, la marque des grands. Alors oui, j’y croyais, parce qu’elle donnait envie d’y croire.

Pourtant à la première difficulté elle a choisi de m’abandonner – elle n’a pas coupé les ponts immédiatement mais c’était tout comme, et puis elle a définitivement disparu.

 
Je lui en veux de m’avoir éjecté comme ça. Je lui en veux parce qu’elle m’avait vendu tout le contraire ; elle m’avait juré qu’elle n’était pas comme ça, qu’elle valait mieux que toutes celles et ceux que j’avais pu croiser avant, qu’elle était quelqu’un qui fait attention à ceux qu’elle aime, qu’elle ne les lâche jamais.

Depuis j’ai appris qu’elle n’aime vraiment qu’elle-même.

 
Je lui en veux parce qu’elle a tout cassé. Les gens dans lesquels on croit ont cette étrange capacité à pouvoir abîmer plus que ce qu’on leur donne ; en me sortant de sa vie elle n’a pas seulement rompu notre lien mais m’a atteint si profondément que des mois plus tard ça brûle encore quand on me parle d’elle – d’autant plus que, souvent, on m’en parle en bien.

Ça me rappelle ce à quoi je n’ai plus le droit.

 
Je lui en veux d’être une connasse. C’est son fonds de commerce bien sûr, elle l’a toujours été et c’est pas comme si elle avait changé. Seulement maintenant je suis en dehors du système alors je le vois différemment ; je ne suis pas devenu la cible de son venin pour autant mais je ne la vois plus qu’à travers sa haine, à travers son animosité, sa malveillance et son aversion pour l’humain.

À travers tout ce qui la rend si différente de moi et de ce à quoi j’aspire.

 
Je lui en veux, parce qu’à cause d’elle je me demande si finalement on peut réellement faire confiance aux gens.