422 – Miroir d’Étirév

Ce matin je me suis regardé dans la glace. J’ai levé les yeux vers mon reflet, mais je ne me suis pas vu. Je ne me suis pas reconnu. Ce n’était pas moi, dans le miroir.

C’était le monstre que j’avais toujours eu peur de devenir.

 
Je pensais que j’avais appris la leçon. Que j’avais enfin compris comment agir, comment interagir, comment faire attention. Je croyais que je ne ferais plus d’erreurs de ce genre, que tout ça c’était du passé et que je m’en étais sorti ; je croyais, bêtement, avoir grandi.

Ce matin j’ai surtout eu l’impression d’avoir rajeuni, et d’être reparti des années en arrière.

 
Je fais n’importe quoi. Je mens. Je m’arrange avec la réalité. Je fais souffrir les gens à nouveau. Je suis égoïste, je ne pense qu’à l’immédiat, je donne ma parole et je ne la respecte pas. Je ne respecte plus rien de toute façon ; ni les autres, ni moi, ni les douleurs, ni les mal-être.

Je suis devenu une version normée de ma personne. La carapace a pris le dessus sur le cœur qu’elle devait protéger.

 
Voir ça dans mon miroir ce matin m’a horrifié. C’est tout le contraire de ce à quoi j’aspire, l’exact opposé de ce que je prêche et de ce dont je rêve. Ça m’a horrifié et je suis resté immobile de longues minutes, fixant mes propres yeux, espérant me retrouver, quelque part en eux.

J’ai réalisé que je ne savais pas si j’étais capable de revenir en arrière. De redevenir moi-même. De percer cette carapace.

 
Jusqu’à ce matin, je prenais ma nouvelle liberté pour une évolution positive. C’était pour moi la preuve que je m’écoutais plus, que je m’occupais enfin de moi, que j’avais fini de me flageller pour tout ce que j’avais fait, ou pas fait. Que je ne punissais plus à cause de ce que je regrettais.

Dans mon reflet, j’ai découvert que j’avais simplement trouvé un autre moyen de me faire payer.

 
J’ai découvert que, désormais, je me détestais.

 

421 – Les dernières nuits

C’est jamais suffisant, une nuit. Une dernière nuit. On se dit que ça permettra de tourner la page et de se réveiller en ayant fermé le chapitre, de terminer l’histoire, mais en réalité…

En réalité on y repense en permanence, en se reprochant ce que l’a raté.

 
Je l’ai pas assez embrassé. Je l’ai pas assez prise dans mes bras. Je ne l’ai pas assez regardé dans les yeux, je ne l’ai pas assez caressée, je ne l’ai pas assez agrippé, serrée contre moi, je ne lui ai pas donné assez d’importance pour cette nuit. Je n’ai pas assez pris et, surtout, je n’ai pas assez donné.

Cette idée de dernière nuit, c’était une très mauvaise idée.

 
Souvent après une dernière nuit, on ne rêve que d’en vivre une autre. Une qui soit meilleure, une qui soit plus forte, plus intense encore. Une qui soit parfaite – comme si on pouvait corriger ce qui n’a pas été complètement idéal lors de celle qui devait être la dernière. Comme si on pouvait l’effacer et l’améliorer.

Malheureusement ça n’arrive jamais, parce que les dernières nuits ne s’éternisent pas : elles portent trop bien leur nom.

 
Des dernières nuits, j’en regrette beaucoup. Elles se sont bien passées pourtant, elles ont même eu l’effet escompté parfois, mais elles n’étaient pas parfaites. Il leur a manqué quelque chose, un tout petit rien qui les aurait rendues pleinement satisfaisantes. Qui m’aurait permis de ne plus y penser, même des années plus tard. Je le sais aujourd’hui, je l’ai su très vite après qu’elles aient eu lieu, mais ça n’a rien changé.

On ne revient pas sur une dernière nuit.

 

420 – Esperluettes tatouées

Sur les avant-bras j’ai deux esperluettes. Une de chaque côté, pour ne pas oublier.

Aujourd’hui j’ai envie de vous les raconter.

 
La gauche, d’abord. Elle n’est pas forcément plus importante que celle de droite mais je l’ai faite avant, car elle est celle qui a tout déclenché, celle qui a tout définit.

L’esperluette gauche est celle de la transmission, du don de soi à l’autre et au monde. Elle symbolise ma volonté de partager le monde que j’ai à l’intérieur de moi avec les gens qui vivent dans celui qui est à l’extérieur. Elle offre, cette esperluette ; elle offre ma vision, ma sensibilité, mon expertise parfois. Elle me relie aux gens.

 
J’ai fait la droite, ensuite. Peu de temps après, de peur de ne faire que donner et d’oublier de recevoir. On ne peut faire qu’offrir : il faut aussi accepter que les autres partagent leurs vies avec nous. Leurs vies, leurs envies, leurs peurs, leurs visions.

L’esperluette de droite est celle qui me rappelle que parfois je dois me mettre de côté, et laisser les autres prendre les choses en main. Que je dois accepter de ne pas toujours donner, car ce n’est pas une bonne chose : à trop donner on s’épuise, et par la suite on ne peut plus rien partager. Cette esperluette symbolise l’équilibre qu’il est nécessaire d’atteindre pour ne pas s’effondrer.

 
Ces deux esperluettes, opposées et complémentaires, me rappellent surtout qu’il ne faut jamais se couper des autres. Plus jamais, qu’il s’agisse de donner ou de recevoir. Les échanges sont trop importants. Primordiaux. Nécessaires.

 
Et ça, il ne me faut plus jamais l’oublier.

 

419 – Essayer

C’est facile. Trop facile.

Y a rien de plus simple que de tout détruire.

 
Souvent je rêve que ce soit l’inverse. Que construire, conserver, améliorer ou aider soient les choses les plus aisées au monde. Qu’avancer et progresser soit l’état par défaut à la place de la décadence et de la décrépitude. Que le positif prenne le pas sur le négatif.

Malheureusement, la nature humaine semble plutôt fonctionner à l’opposé.

 
Il faut faire des efforts. Tout le temps. Le mal s’impose tout seul ; la douleur, la perte, la déception, l’échec, la dégradation, tous s’invitent sans être sollicités et il faut les combattre, les affronter et les empêcher de s’imposer. Il faut agir contre eux, décider de s’opposer.

Pourquoi n’est-ce pas l’inverse qui est vrai ?

 
La bonté comme état de base. L’amélioration. L’avancement vers le mieux. Pourquoi tout doit-il toujours décrépir ? Pourquoi est-ce qu’on se dirige toujours naturellement vers le mal ? Vers le pire ? Qu’est-ce qui nous rend si prompts à favoriser ce qui détruit, ce qui attaque, ce qui meurtrît ?

Qu’est-ce qui nous pousse à ne pas être les meilleures versions de nous-mêmes ?!

 
C’est difficile, je sais. J’essaie moi-même tous les jours, j’essaie de faire plus, de faire mieux, de tout donner, de faire passer les autres avant moi quand c’est nécessaire, de museler mes pulsions pour rendre la vie, autour de moi, meilleure.

La vie de ceux que je peux atteindre.

 
J’échoue souvent, et quand je réussis ça ne se voit pas, même si au fond de moi je sais. J’ai bien agi. Ça ne suffit pas, mais j’ai bien agi.

Peut-être que si on essayait tous un peu plus, le monde irait mieux.

 

418 – Une vieille ritournelle gorgée d’eau

Une vieille ritournelle s’est invitée, ce soir. Une note puis deux, puis trois, puis mille ; mille notes qui s’entrelacent et m’enlacent, mille notes qui investissent l’espace et se répandent autour de moi, s’octroyant toute la place disponible.

Bientôt le monde s’effacera derrière cette musique apparue presque par hasard – cette musique qui avait disparu au fin fond de ma mémoire.

 
Allongé sur mon lit, le regard dans le vide, je vois défiler les nuages qui passent au-dessus de la lucarne percée dans le toit. Éclairés par les lumières de la ville ils s’étirent à l’infini ; leur ballet m’hypnotise car il semble synchronisé à la mélodie qui résonne autour de moi, la mélodie qui cherche à m’emporter, à m’arracher du présent.

J’aimerais bien partir avec eux, et flotter moi aussi autour du monde avant de me déchirer en milliers de larmes.

 
On est pareils, les nuages et moi. Gorgés d’eau. Prêts à se déverser n’importe quand, n’importe où, sur n’importe qui. Sans cesse à vif.

La seule différence c’est qu’eux finissent toujours par craquer.

 
Dans ma tête, ça tourne. Ça tourne, ça tourne et ça tourne encore. Les milles notes de la mélodie oubliée sont mes larmes ; les larmes que je ne verse pas, les larmes que je ne verse jamais. « On ne peut rien faire de plus », m’explique le chanteur qui pose sa voix par dessus, on ne peut rien faire de plus et moi je ne pleure toujours pas, je suis plein d’eau salée mais elle ne sort pas. Elle ne part pas. Elle reste. Elle stagne.

Elle croupit dans ma gorge et sur mon âme – mon âme qui va finir par pourrir, à force de baigner dedans.

 
Une note. Une note puis deux, puis trois, puis mille. La vieille ritournelle est toujours là.

Cette mélodie, en réalité, elle ne s’oublie pas.

 

417 – J’y ai pensé pendant toute la journée

Je t’attends. J’ai hâte de t’entendre sonner, de me lever pour t’ouvrir la porte, et de me jeter sur toi.

J’ai pensé à ta queue toute la journée.

 
Au réveil, j’ai imaginé sa chaleur douce après une nuit de sommeil. Son aspect reposé, toujours prêt à conquérir le monde mais pour l’instant encore endormi.

J’ai vu ta queue cachée sous tes draps. Rêvant de moi.

 
Au bureau ce matin, je l’ai imaginée en moi. Tes bras qui m’enserrent et ta queue qui s’enfonce, qui ressort et s’enfonce à nouveau, et encore, et encore, et encore. Ta queue qui m’habite.

J’ai voulu m’éclipser pour aller me toucher, mais il a fallu partir déjeuner.

 
À midi tu m’as envoyé des photos de toi. Habillé d’abord, mais très vite de plus en plus dénudé. Sur la dernière ta main cachait ta queue et je t’ai supplié, je t’ai supplié d’enfin la dévoiler. Je voulais la revoir, je voulais l’admirer, la dévorer des yeux à défaut de l’avoir dans la bouche.

Après plusieurs demandes tu as exaucé mon souhait, et j’ai rougi face aux autres personnes attablées à mes côtés.

 
Aux toilettes dans l’après-midi, j’ai enfin pu me caresser. J’ai revu ta queue en moi, je l’ai revue se glisser aussi dans ma bouche et s’emparer de ma gorge, pulsant au rythme des mouvements de ma tête.

Je t’ai imaginé te déverser en moi, sur moi, partout, vaincu par mes caresses et par mes baisers.

 
J’ai joui.

 
Après le travail il m’a fallu rentrer, faire quelques courses, et me préparer pour ton arrivée. Pour notre rendez-vous. J’avais la tête ailleurs mais toujours ta queue à l’esprit. Je repensais à la photo que tu m’avais envoyée à midi ; je me remémorais les veines, ta peau tendue et ton gland si doux. Si doux entre mes mains, si doux entre mes lèvres, il y a deux jours, lorsque ma langue jouait avec et que tu gémissais sous ses coups.

C’était il y a deux jours. Ce sera aussi ce soir.

 
Je t’attends. J’ai hâte de t’entendre sonner, de me lever pour t’ouvrir la porte, et de me jeter sur toi. Je pense à ta queue.

Je pense à ta queue, comme j’y ai pensé pendant toute la journée.

 

416 – This is it experienced

Ça va faire deux ans, cette nuit. Deux ans que, pour la première fois, je touchais ton corps qui aurait dû m’être interdit.

Dans la pénombre de ton appartement, quelque part entre le 24 et le 25 juin, on s’est embrassé. On s’est caressé, mais seulement par-dessus nos vêtements. Il ne fallait pas.

 
Il ne fallait pas, mais on ne pouvait pas faire autrement.

 
Cette nuit-là nous avions regardé This is it, le documentaire sur la dernière tournée de Michael Jackson. Nous ne nous étions même pas rendu compte qu’il s’agissait des trois ans de sa mort ; on voulait juste admirer ensemble ses pas, son travail, son intensité. Quand le film s’est terminé nous avons laissé tourner le menu du DVD en boucle – c’était Earth Song qui passait alors sans arrêt.

Earth Song qui a rythmé notre découverte de l’autre.

 
Quand je suis parti de chez toi ce matin-là, à l’aube, je me suis créé une très courte liste de lecture, avec sept morceaux de Michael Jackson. Les sept qui, pendant et après le film, me rappelaient cette soirée. Je l’ai écoutée en marchant dans Paris le cœur léger, l’âme transportée par la puissance de ce que je venais de vivre. Je me remémorais ta peau sous mes doigts, ta chaleur contre moi et ton odeur, ton odeur qui parfois me hante encore aujourd’hui.

C’était un merveilleux matin de juin, après une merveilleuse nuit de juin, pendant un merveilleux mois de juin.

 
Demain, ça fera cinq ans que Michael Jackson est mort. Deux ans que je t’ai goûtée pour la première fois. Deux ans que je sais ce que provoquent tes lèvres sur ma peau et les miennes sur la tienne.

Deux ans, et désormais il y a bien longtemps que je n’ai plus droit à tes baisers mais ce soir, seul dans mon lit, baigné dans la lumière de la lune, je regarde This is it.

 
Je regarde This is it, et je pense à toi en murmurant doucement : « What about us? »

 

415 – Le métro le matin

Encore un métro surbondé. Encore une matinée dans la moiteur et la chaleur, encore une matinée dans la méchanceté et les odeurs, encore une matinée au milieu de gens qui ne sourient pas, qui ne sourient jamais, qui n’ont jamais souri.

Je crois que les muscles faciaux des utilisateurs du réseau RATP n’ont jamais fonctionné.

 
Ce qu’il y a de pire, les matins de semaine, ce n’est pas de se lever aux aurores. Ce n’est pas de devoir aller travailler, de partir trimer pour un salaire qui ne correspond à aucune réalité. Le pire les matins de semaine ce sont les trajets, courts ou longs. Les trajets dans ces foutues boîtes de conserve qui servent de métros.

Les trajets en compagnie de tous ces autres travailleurs aux rêves brisés.

 
On est tous là, compressés dans des rames surchauffées, suant, patientant jusqu’à ce que le supplice ne prenne fin. On jalouse ceux qui quittent les wagons avant nous ; on les jalouse et on les remercie, car leur départ crée de l’espace. La denrée la plus rare et la plus précieuse qui soit.

Le Graal.

 
Il n’y a pas de joie, dans les métros du matin. Il n’y a pas de moments de grâce, pas de petits bonheurs, pas de saynètes qui prêteraient à sourire. Dans les métros du matin il n’y a que la misère ; toute la misère du monde qui s’abat sur les épaules des voyageurs, la misère humaine de leurs visages fermés, la misère économique des quelques personnes qui viennent y mendier.

Les métros du matin sont faits de poison, et ce sont les âmes des usagers qu’ils harponnent et détruisent.

 
Un jour, peut-être, nos matinées seront plus douces. Elles seront climatisées en été et chauffées en hiver, elles seront spacieuses, elles seront calmes, assises au besoin, agréables pourquoi pas, humaines en tout cas. Un jour peut-être seront-elles remplies de sourires. De sourires d’inconnus.

Les presque mythiques sourires des gens du métro.

 

414 – L’encre rouge

Loin de la norme, tu la cherches. En plein dedans, tu la fuis.

T’accepter, on ne te l’a jamais appris.

 
Les gens qui ont les cheveux bouclés en veulent des lisses, ceux qui en ont des lisses en veulent des bouclés. Les yeux bleus en ont marre des agressions du soleil, les yeux marrons en ont assez d’être tous pareils. Les peaux laiteuses veulent bronzer et les peaux bronzées qu’on arrête de le leur rappeler ; les gays veulent se marier, les bis aussi, et globalement les LGBT aimerait qu’on cesse de les tabasser.

Oui, on est vite monté sur l’échelle de l’horreur mais c’est ce qui arrive quand on t’apprend tellement à te détester que tu finis aussi par détester les autres. Par détester la différence.

 
Pourtant, on entend souvent qu’il faut l’embrasser, la différence. La chérir pour toute sa beauté. On l’entend souvent mais on ne le voit presque jamais – ce qu’on voit c’est l’entre-soi, et à la limite les louanges d’une différence qui, surtout, garderait ses distances.

Pas de ça chez nous.

 
Sois blanc et tais-toi. Sois beau, musclé, grand, sors, bois, fête, épouse, enfante, mange cinq fruits et légumes chaque jour et tais-toi. T’as pas d’autre choix, les autres choix sont pour les marginaux et les marginaux c’est mal tu comprends, on te l’a appris depuis que t’es petit, faut éviter la marge, faut pas écrire dans la marge.

La marge c’est le rejet, et tu sais bien que le but de toute vie est de s’intégrer, tu le sais, hein ?

 
Moi ce que je sais c’est que la marge est interdite, c’est vrai, mais que c’est aussi de là que vienne les corrections. Toutes les corrections de toutes les fautes, tracées par un stylo à l’encre bien rouge.

Et il faut toujours se méfier de l’encre rouge qui bout.

 

413 – L’Éternité

Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Éternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.

L’Éternité, Rimbaud.

 
Il avait raison, Rimbaud. L’éternité se cache à l’horizon, celui qu’on aperçoit depuis la plage, celui qu’on voit depuis le bout de la jetée. Là-bas au loin, quand le soleil rejoint la mer et la mer le soleil, tout se confond et se mélange. À l’infini.

Pour l’éternité.

 
Aujourd’hui c’est le jour le plus long de l’année, notre jour le plus long, et pourtant le soleil malgré tout va se coucher. Il disparaîtra du ciel en se noyant dans la mer, avant de réapparaître plus tard de l’autre côté ; c’est ça l’éternité, pour nous. L’éternité pour les humains.

L’immuable, que rien n’empêchera jamais de revenir.

 
Pour vous, pour Rimbaud, pour moi, pour nous, le soleil et la mer sont éternité. Ils s’éloignent parfois mais toujours sont de retour ; ils s’éclipsent pour se montrer à nouveau, pour mieux asseoir leur présence et rappeler qu’ils sont, et ont toujours été, là.

Qu’ils le seront encore, bien après nous.

 
Elle est retrouvée, oui, l’Éternité. C’est la mer alliée avec le soleil. Le feu et l’eau qui se rejoignent. L’horizon qui s’embrase et s’éteint.

La fin du monde là où tout a commencé – et où, demain, tout recommencera.