425 – Quartier libéré

J’ai même pas eu envie de te croiser. Je suis passé en bas de chez toi ce soir, littéralement en bas de chez toi, j’aurais pu frapper, sonner, hurler, je suis passé en bas de chez toi et je n’ai même pas eu envie de te croiser.

Ça n’était jamais arrivé.

 
Bien sûr, j’ai cru te voir plusieurs fois. J’ai cru que tu étais dans mon wagon de métro puis dans celui d’à côté ; j’ai cru que tu étais dans les couloirs, dans les escaliers, sur la petite place non loin de chez toi, sur un banc, chez le primeur. Je t’ai vue partout et ça ne m’a rien fait : je ne te cherchais pas.

Je ne te cherche plus.

 
C’est très libérateur, tu sais. De ne plus faire de détour en priant pour tomber sur toi, de ne plus épier les gens au cas où tu te caches parmi eux, de ne plus espérer, espérer, espérer, espérer sans jamais rien voir venir. J’ai l’impression d’avoir à nouveau le droit de me balader librement, l’impression de me réapproprier un terrain qui t’appartenait, l’impression d’avoir récupéré une partie de la ville.

Une partie de ma vie.

 
J’ai marché dans ton quartier. J’ai marché dans ton quartier sans m’en soucier – et c’était presque comme marcher sur le sommet de l’Everest, comme marcher sur la lune. C’était inédit, renversant, grisant. J’étais là, et pour la première fois en des années j’étais vraiment simplement là, là et non dans un lieu imaginaire nommé « vers chez toi ». D’ailleurs je n’ai pas marché dans ton quartier, en réalité. J’ai marché dans un quartier.

Un quartier comme les autres.

 
Un quartier comme les autres, pour une fille comme les autres.

 

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424 – La ceinture

« Le cuir claque sur ta peau. Une fois de plus, un long trait rouge vient naître le long de tes côtes, longeant ta cage thoracique depuis ton flanc jusqu’à ta colonne vertébrale bien visible.

Je me suis prise au jeu dès que tu as commencé à gémir sous mes coups.

 
Je n’osais pas trop, au début. J’avais peur de te faire mal avec cette ceinture ; j’avais peur de te blesser, de ne pas arriver à la contrôler, de ne pas te donner ce que tu voulais. J’avais peur mais tu m’as suppliée, j’ai cédé et tu t’es mise à genoux dos à moi – dos offert.

J’ai frappé et quand, dans un râle, tu en as réclamé encore plus, l’excitation a vaincu la peur.

 
J’ai commencé à voir ce que tu voulais que je voie. J’ai compris le plaisir dans tes cris de douleur étouffés ; je l’ai vu jaillir en même temps que tes larmes, se condenser avec la sueur illuminant tes reins, et gorger ton sexe jusqu’à le faire déborder. À chaque claquement tu t’abandonnais un peu plus à moi, et surtout un peu plus à lui.

Tu étais belle. Transfigurée.

 
Évidemment, dans cette situation, tu ne pouvais pas me toucher. Même moi je ne pouvais pas me toucher, et pourtant j’aimais cette position. J’étais électrifiée, comme lorsque tu posais ta bouche contre mon sexe. Comme lorsque tu enfonçais tes doigts en moi. Ton plaisir provoquait le mien, me poussant à fouetter encore une fois, fouetter encore plus fort, fouetter jusqu’à ce que ton corps n’en puisse plus et s’effondre dans un spasme ultime, ravagé par ta jouissance.

J’ai embrassé les lignes rougies qui zébraient ta peau, calmant quelque peu leur feu de mes baisers. La tête contre le sol, tu souriais doucement.

 
« Je t’aime », as-tu murmuré alors que j’enfouissais mon visage dans ton cou.

« Je t’aime ». »

 

423 – Belle façade

C’est une très belle maison. Un magnifique bâtiment dans lequel pourtant personne n’entre jamais, préférant rester à observer la façade.

S’ils savaient.

 
Elle est magnifique, cette façade. Très travaillée. Y a des circonvolutions, des dorures, des jolis bas-reliefs et d’impressionnantes colonnes. Quand on la voit la première fois on la remarque tout de suite ; on se dit parfois qu’on en a déjà vu des semblables, mais dès qu’on s’attarde un peu sur les détails on réalise qu’elle est vraiment unique. Du sur mesure, une œuvre qui n’a ce visage que parce qu’elle existe à cet endroit précis, et qu’elle a été dessinée par cet architecte et pas par un autre.

Cette façade appelle à la découverte, à la visite de l’intérieur, et pourtant personne n’ose pousser la porte. Persuadés que cette beauté s’étendra de toute façon au-delà de l’entrée, ils ne pensent même pas à vérifier.

 
Bien sûr, il est possible qu’ils aient raison. Que l’intérieur de la maison vaille son extérieur, qu’il le dépasse même, comme une gemme cachée à l’intérieur d’un coffre merveilleux. Peut-être est-ce pour cela qu’il est si difficile de pénétrer dans le bâtiment : une fois à l’intérieur on n’aurait plus jamais envie de ressortir, piégé pour toujours par la beauté des lieux. Peut-être.

Peut-être.

 
Elle est magnifique, cette maison. La façade est éblouissante mais personne n’a jamais vu le reste ; personne n’a jamais franchi le seuil pour découvrir ce qui se cachait derrière et savoir si l’intérieur valait l’extérieur. Personne ne sait. Personne.

Personne sauf moi.

 
Moi. Je l’ai construite, cette maison. Je l’habite. J’y vis tous les jours, et ce n’est qu’un taudis camouflé derrière une jolie devanture.

Je me demande si, un jour, ils le réaliseront.

 

422 – Miroir d’Étirév

Ce matin je me suis regardé dans la glace. J’ai levé les yeux vers mon reflet, mais je ne me suis pas vu. Je ne me suis pas reconnu. Ce n’était pas moi, dans le miroir.

C’était le monstre que j’avais toujours eu peur de devenir.

 
Je pensais que j’avais appris la leçon. Que j’avais enfin compris comment agir, comment interagir, comment faire attention. Je croyais que je ne ferais plus d’erreurs de ce genre, que tout ça c’était du passé et que je m’en étais sorti ; je croyais, bêtement, avoir grandi.

Ce matin j’ai surtout eu l’impression d’avoir rajeuni, et d’être reparti des années en arrière.

 
Je fais n’importe quoi. Je mens. Je m’arrange avec la réalité. Je fais souffrir les gens à nouveau. Je suis égoïste, je ne pense qu’à l’immédiat, je donne ma parole et je ne la respecte pas. Je ne respecte plus rien de toute façon ; ni les autres, ni moi, ni les douleurs, ni les mal-être.

Je suis devenu une version normée de ma personne. La carapace a pris le dessus sur le cœur qu’elle devait protéger.

 
Voir ça dans mon miroir ce matin m’a horrifié. C’est tout le contraire de ce à quoi j’aspire, l’exact opposé de ce que je prêche et de ce dont je rêve. Ça m’a horrifié et je suis resté immobile de longues minutes, fixant mes propres yeux, espérant me retrouver, quelque part en eux.

J’ai réalisé que je ne savais pas si j’étais capable de revenir en arrière. De redevenir moi-même. De percer cette carapace.

 
Jusqu’à ce matin, je prenais ma nouvelle liberté pour une évolution positive. C’était pour moi la preuve que je m’écoutais plus, que je m’occupais enfin de moi, que j’avais fini de me flageller pour tout ce que j’avais fait, ou pas fait. Que je ne punissais plus à cause de ce que je regrettais.

Dans mon reflet, j’ai découvert que j’avais simplement trouvé un autre moyen de me faire payer.

 
J’ai découvert que, désormais, je me détestais.

 

421 – Les dernières nuits

C’est jamais suffisant, une nuit. Une dernière nuit. On se dit que ça permettra de tourner la page et de se réveiller en ayant fermé le chapitre, de terminer l’histoire, mais en réalité…

En réalité on y repense en permanence, en se reprochant ce que l’a raté.

 
Je l’ai pas assez embrassé. Je l’ai pas assez prise dans mes bras. Je ne l’ai pas assez regardé dans les yeux, je ne l’ai pas assez caressée, je ne l’ai pas assez agrippé, serrée contre moi, je ne lui ai pas donné assez d’importance pour cette nuit. Je n’ai pas assez pris et, surtout, je n’ai pas assez donné.

Cette idée de dernière nuit, c’était une très mauvaise idée.

 
Souvent après une dernière nuit, on ne rêve que d’en vivre une autre. Une qui soit meilleure, une qui soit plus forte, plus intense encore. Une qui soit parfaite – comme si on pouvait corriger ce qui n’a pas été complètement idéal lors de celle qui devait être la dernière. Comme si on pouvait l’effacer et l’améliorer.

Malheureusement ça n’arrive jamais, parce que les dernières nuits ne s’éternisent pas : elles portent trop bien leur nom.

 
Des dernières nuits, j’en regrette beaucoup. Elles se sont bien passées pourtant, elles ont même eu l’effet escompté parfois, mais elles n’étaient pas parfaites. Il leur a manqué quelque chose, un tout petit rien qui les aurait rendues pleinement satisfaisantes. Qui m’aurait permis de ne plus y penser, même des années plus tard. Je le sais aujourd’hui, je l’ai su très vite après qu’elles aient eu lieu, mais ça n’a rien changé.

On ne revient pas sur une dernière nuit.

 

420 – Esperluettes tatouées

Sur les avant-bras j’ai deux esperluettes. Une de chaque côté, pour ne pas oublier.

Aujourd’hui j’ai envie de vous les raconter.

 
La gauche, d’abord. Elle n’est pas forcément plus importante que celle de droite mais je l’ai faite avant, car elle est celle qui a tout déclenché, celle qui a tout définit.

L’esperluette gauche est celle de la transmission, du don de soi à l’autre et au monde. Elle symbolise ma volonté de partager le monde que j’ai à l’intérieur de moi avec les gens qui vivent dans celui qui est à l’extérieur. Elle offre, cette esperluette ; elle offre ma vision, ma sensibilité, mon expertise parfois. Elle me relie aux gens.

 
J’ai fait la droite, ensuite. Peu de temps après, de peur de ne faire que donner et d’oublier de recevoir. On ne peut faire qu’offrir : il faut aussi accepter que les autres partagent leurs vies avec nous. Leurs vies, leurs envies, leurs peurs, leurs visions.

L’esperluette de droite est celle qui me rappelle que parfois je dois me mettre de côté, et laisser les autres prendre les choses en main. Que je dois accepter de ne pas toujours donner, car ce n’est pas une bonne chose : à trop donner on s’épuise, et par la suite on ne peut plus rien partager. Cette esperluette symbolise l’équilibre qu’il est nécessaire d’atteindre pour ne pas s’effondrer.

 
Ces deux esperluettes, opposées et complémentaires, me rappellent surtout qu’il ne faut jamais se couper des autres. Plus jamais, qu’il s’agisse de donner ou de recevoir. Les échanges sont trop importants. Primordiaux. Nécessaires.

 
Et ça, il ne me faut plus jamais l’oublier.

 

419 – Essayer

C’est facile. Trop facile.

Y a rien de plus simple que de tout détruire.

 
Souvent je rêve que ce soit l’inverse. Que construire, conserver, améliorer ou aider soient les choses les plus aisées au monde. Qu’avancer et progresser soit l’état par défaut à la place de la décadence et de la décrépitude. Que le positif prenne le pas sur le négatif.

Malheureusement, la nature humaine semble plutôt fonctionner à l’opposé.

 
Il faut faire des efforts. Tout le temps. Le mal s’impose tout seul ; la douleur, la perte, la déception, l’échec, la dégradation, tous s’invitent sans être sollicités et il faut les combattre, les affronter et les empêcher de s’imposer. Il faut agir contre eux, décider de s’opposer.

Pourquoi n’est-ce pas l’inverse qui est vrai ?

 
La bonté comme état de base. L’amélioration. L’avancement vers le mieux. Pourquoi tout doit-il toujours décrépir ? Pourquoi est-ce qu’on se dirige toujours naturellement vers le mal ? Vers le pire ? Qu’est-ce qui nous rend si prompts à favoriser ce qui détruit, ce qui attaque, ce qui meurtrît ?

Qu’est-ce qui nous pousse à ne pas être les meilleures versions de nous-mêmes ?!

 
C’est difficile, je sais. J’essaie moi-même tous les jours, j’essaie de faire plus, de faire mieux, de tout donner, de faire passer les autres avant moi quand c’est nécessaire, de museler mes pulsions pour rendre la vie, autour de moi, meilleure.

La vie de ceux que je peux atteindre.

 
J’échoue souvent, et quand je réussis ça ne se voit pas, même si au fond de moi je sais. J’ai bien agi. Ça ne suffit pas, mais j’ai bien agi.

Peut-être que si on essayait tous un peu plus, le monde irait mieux.

 

418 – Une vieille ritournelle gorgée d’eau

Une vieille ritournelle s’est invitée, ce soir. Une note puis deux, puis trois, puis mille ; mille notes qui s’entrelacent et m’enlacent, mille notes qui investissent l’espace et se répandent autour de moi, s’octroyant toute la place disponible.

Bientôt le monde s’effacera derrière cette musique apparue presque par hasard – cette musique qui avait disparu au fin fond de ma mémoire.

 
Allongé sur mon lit, le regard dans le vide, je vois défiler les nuages qui passent au-dessus de la lucarne percée dans le toit. Éclairés par les lumières de la ville ils s’étirent à l’infini ; leur ballet m’hypnotise car il semble synchronisé à la mélodie qui résonne autour de moi, la mélodie qui cherche à m’emporter, à m’arracher du présent.

J’aimerais bien partir avec eux, et flotter moi aussi autour du monde avant de me déchirer en milliers de larmes.

 
On est pareils, les nuages et moi. Gorgés d’eau. Prêts à se déverser n’importe quand, n’importe où, sur n’importe qui. Sans cesse à vif.

La seule différence c’est qu’eux finissent toujours par craquer.

 
Dans ma tête, ça tourne. Ça tourne, ça tourne et ça tourne encore. Les milles notes de la mélodie oubliée sont mes larmes ; les larmes que je ne verse pas, les larmes que je ne verse jamais. « On ne peut rien faire de plus », m’explique le chanteur qui pose sa voix par dessus, on ne peut rien faire de plus et moi je ne pleure toujours pas, je suis plein d’eau salée mais elle ne sort pas. Elle ne part pas. Elle reste. Elle stagne.

Elle croupit dans ma gorge et sur mon âme – mon âme qui va finir par pourrir, à force de baigner dedans.

 
Une note. Une note puis deux, puis trois, puis mille. La vieille ritournelle est toujours là.

Cette mélodie, en réalité, elle ne s’oublie pas.

 

417 – J’y ai pensé pendant toute la journée

Je t’attends. J’ai hâte de t’entendre sonner, de me lever pour t’ouvrir la porte, et de me jeter sur toi.

J’ai pensé à ta queue toute la journée.

 
Au réveil, j’ai imaginé sa chaleur douce après une nuit de sommeil. Son aspect reposé, toujours prêt à conquérir le monde mais pour l’instant encore endormi.

J’ai vu ta queue cachée sous tes draps. Rêvant de moi.

 
Au bureau ce matin, je l’ai imaginée en moi. Tes bras qui m’enserrent et ta queue qui s’enfonce, qui ressort et s’enfonce à nouveau, et encore, et encore, et encore. Ta queue qui m’habite.

J’ai voulu m’éclipser pour aller me toucher, mais il a fallu partir déjeuner.

 
À midi tu m’as envoyé des photos de toi. Habillé d’abord, mais très vite de plus en plus dénudé. Sur la dernière ta main cachait ta queue et je t’ai supplié, je t’ai supplié d’enfin la dévoiler. Je voulais la revoir, je voulais l’admirer, la dévorer des yeux à défaut de l’avoir dans la bouche.

Après plusieurs demandes tu as exaucé mon souhait, et j’ai rougi face aux autres personnes attablées à mes côtés.

 
Aux toilettes dans l’après-midi, j’ai enfin pu me caresser. J’ai revu ta queue en moi, je l’ai revue se glisser aussi dans ma bouche et s’emparer de ma gorge, pulsant au rythme des mouvements de ma tête.

Je t’ai imaginé te déverser en moi, sur moi, partout, vaincu par mes caresses et par mes baisers.

 
J’ai joui.

 
Après le travail il m’a fallu rentrer, faire quelques courses, et me préparer pour ton arrivée. Pour notre rendez-vous. J’avais la tête ailleurs mais toujours ta queue à l’esprit. Je repensais à la photo que tu m’avais envoyée à midi ; je me remémorais les veines, ta peau tendue et ton gland si doux. Si doux entre mes mains, si doux entre mes lèvres, il y a deux jours, lorsque ma langue jouait avec et que tu gémissais sous ses coups.

C’était il y a deux jours. Ce sera aussi ce soir.

 
Je t’attends. J’ai hâte de t’entendre sonner, de me lever pour t’ouvrir la porte, et de me jeter sur toi. Je pense à ta queue.

Je pense à ta queue, comme j’y ai pensé pendant toute la journée.

 

416 – This is it experienced

Ça va faire deux ans, cette nuit. Deux ans que, pour la première fois, je touchais ton corps qui aurait dû m’être interdit.

Dans la pénombre de ton appartement, quelque part entre le 24 et le 25 juin, on s’est embrassé. On s’est caressé, mais seulement par-dessus nos vêtements. Il ne fallait pas.

 
Il ne fallait pas, mais on ne pouvait pas faire autrement.

 
Cette nuit-là nous avions regardé This is it, le documentaire sur la dernière tournée de Michael Jackson. Nous ne nous étions même pas rendu compte qu’il s’agissait des trois ans de sa mort ; on voulait juste admirer ensemble ses pas, son travail, son intensité. Quand le film s’est terminé nous avons laissé tourner le menu du DVD en boucle – c’était Earth Song qui passait alors sans arrêt.

Earth Song qui a rythmé notre découverte de l’autre.

 
Quand je suis parti de chez toi ce matin-là, à l’aube, je me suis créé une très courte liste de lecture, avec sept morceaux de Michael Jackson. Les sept qui, pendant et après le film, me rappelaient cette soirée. Je l’ai écoutée en marchant dans Paris le cœur léger, l’âme transportée par la puissance de ce que je venais de vivre. Je me remémorais ta peau sous mes doigts, ta chaleur contre moi et ton odeur, ton odeur qui parfois me hante encore aujourd’hui.

C’était un merveilleux matin de juin, après une merveilleuse nuit de juin, pendant un merveilleux mois de juin.

 
Demain, ça fera cinq ans que Michael Jackson est mort. Deux ans que je t’ai goûtée pour la première fois. Deux ans que je sais ce que provoquent tes lèvres sur ma peau et les miennes sur la tienne.

Deux ans, et désormais il y a bien longtemps que je n’ai plus droit à tes baisers mais ce soir, seul dans mon lit, baigné dans la lumière de la lune, je regarde This is it.

 
Je regarde This is it, et je pense à toi en murmurant doucement : « What about us? »