415 – Le métro le matin

Encore un métro surbondé. Encore une matinée dans la moiteur et la chaleur, encore une matinée dans la méchanceté et les odeurs, encore une matinée au milieu de gens qui ne sourient pas, qui ne sourient jamais, qui n’ont jamais souri.

Je crois que les muscles faciaux des utilisateurs du réseau RATP n’ont jamais fonctionné.

 
Ce qu’il y a de pire, les matins de semaine, ce n’est pas de se lever aux aurores. Ce n’est pas de devoir aller travailler, de partir trimer pour un salaire qui ne correspond à aucune réalité. Le pire les matins de semaine ce sont les trajets, courts ou longs. Les trajets dans ces foutues boîtes de conserve qui servent de métros.

Les trajets en compagnie de tous ces autres travailleurs aux rêves brisés.

 
On est tous là, compressés dans des rames surchauffées, suant, patientant jusqu’à ce que le supplice ne prenne fin. On jalouse ceux qui quittent les wagons avant nous ; on les jalouse et on les remercie, car leur départ crée de l’espace. La denrée la plus rare et la plus précieuse qui soit.

Le Graal.

 
Il n’y a pas de joie, dans les métros du matin. Il n’y a pas de moments de grâce, pas de petits bonheurs, pas de saynètes qui prêteraient à sourire. Dans les métros du matin il n’y a que la misère ; toute la misère du monde qui s’abat sur les épaules des voyageurs, la misère humaine de leurs visages fermés, la misère économique des quelques personnes qui viennent y mendier.

Les métros du matin sont faits de poison, et ce sont les âmes des usagers qu’ils harponnent et détruisent.

 
Un jour, peut-être, nos matinées seront plus douces. Elles seront climatisées en été et chauffées en hiver, elles seront spacieuses, elles seront calmes, assises au besoin, agréables pourquoi pas, humaines en tout cas. Un jour peut-être seront-elles remplies de sourires. De sourires d’inconnus.

Les presque mythiques sourires des gens du métro.

 

414 – L’encre rouge

Loin de la norme, tu la cherches. En plein dedans, tu la fuis.

T’accepter, on ne te l’a jamais appris.

 
Les gens qui ont les cheveux bouclés en veulent des lisses, ceux qui en ont des lisses en veulent des bouclés. Les yeux bleus en ont marre des agressions du soleil, les yeux marrons en ont assez d’être tous pareils. Les peaux laiteuses veulent bronzer et les peaux bronzées qu’on arrête de le leur rappeler ; les gays veulent se marier, les bis aussi, et globalement les LGBT aimerait qu’on cesse de les tabasser.

Oui, on est vite monté sur l’échelle de l’horreur mais c’est ce qui arrive quand on t’apprend tellement à te détester que tu finis aussi par détester les autres. Par détester la différence.

 
Pourtant, on entend souvent qu’il faut l’embrasser, la différence. La chérir pour toute sa beauté. On l’entend souvent mais on ne le voit presque jamais – ce qu’on voit c’est l’entre-soi, et à la limite les louanges d’une différence qui, surtout, garderait ses distances.

Pas de ça chez nous.

 
Sois blanc et tais-toi. Sois beau, musclé, grand, sors, bois, fête, épouse, enfante, mange cinq fruits et légumes chaque jour et tais-toi. T’as pas d’autre choix, les autres choix sont pour les marginaux et les marginaux c’est mal tu comprends, on te l’a appris depuis que t’es petit, faut éviter la marge, faut pas écrire dans la marge.

La marge c’est le rejet, et tu sais bien que le but de toute vie est de s’intégrer, tu le sais, hein ?

 
Moi ce que je sais c’est que la marge est interdite, c’est vrai, mais que c’est aussi de là que vienne les corrections. Toutes les corrections de toutes les fautes, tracées par un stylo à l’encre bien rouge.

Et il faut toujours se méfier de l’encre rouge qui bout.

 

413 – L’Éternité

Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Éternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.

L’Éternité, Rimbaud.

 
Il avait raison, Rimbaud. L’éternité se cache à l’horizon, celui qu’on aperçoit depuis la plage, celui qu’on voit depuis le bout de la jetée. Là-bas au loin, quand le soleil rejoint la mer et la mer le soleil, tout se confond et se mélange. À l’infini.

Pour l’éternité.

 
Aujourd’hui c’est le jour le plus long de l’année, notre jour le plus long, et pourtant le soleil malgré tout va se coucher. Il disparaîtra du ciel en se noyant dans la mer, avant de réapparaître plus tard de l’autre côté ; c’est ça l’éternité, pour nous. L’éternité pour les humains.

L’immuable, que rien n’empêchera jamais de revenir.

 
Pour vous, pour Rimbaud, pour moi, pour nous, le soleil et la mer sont éternité. Ils s’éloignent parfois mais toujours sont de retour ; ils s’éclipsent pour se montrer à nouveau, pour mieux asseoir leur présence et rappeler qu’ils sont, et ont toujours été, là.

Qu’ils le seront encore, bien après nous.

 
Elle est retrouvée, oui, l’Éternité. C’est la mer alliée avec le soleil. Le feu et l’eau qui se rejoignent. L’horizon qui s’embrase et s’éteint.

La fin du monde là où tout a commencé – et où, demain, tout recommencera.

 

412 – Aussi con qu’absurde

T’y as pensé, ce soir ? T’y as pensé ? Tu t’es dit que tu ratais un truc, que t’étais bien conne de rester chez toi plutôt que de venir, que tu passais à côté de ta vie ? Tu te l’es dit, tout ça ?

J’espère. Ouais, j’espère que ça t’es venu à l’esprit, et que c’était loin d’être agréable. Je te souhaite d’être triste, voilà où nous en sommes rendus.

 
Te connaissant ça n’a même pas effleuré ta pensée, d’autant qu’il y avait plein d’autres choses à faire ce soir, mais je peux pas m’empêcher de me dire que si ça se trouve, ton esprit a vagabondé assez pour parvenir jusqu’à nous. Pour parvenir jusqu’à moi. Peut-être que t’as eu cinq minutes de répit, que t’as réalisé ce qui se passait de l’autre côté de la ville, et que d’un coup le poids de tes choix absurdes s’est abattu sur toi.

Peut-être que, subitement et pour un très court instant, tu n’as plus pu l’éviter.

 
Je te déteste de me faire me sentir comme ça, tu sais. De me pousser à être tellement en colère contre toi que je veux que tu te tortures. C’est pas moi, je pense pas comme ça d’habitude, je hais penser comme ça, mais tu m’y forces alors je te déteste – je te déteste parce qu’à cause de toi je me déteste.

La seule chose qui me soulagerait serait que tu te détestes toi aussi, et c’est aussi con qu’absurde.

 
Nous, on a passé une bonne soirée. J’ai passé une bonne soirée. On a ri, discuté, partagé, raconté des vérités. Un vrai beau moment entre amis, avec des gens qui s’apprécient profondément. Des gens qui s’aiment.

Il ne nous manquait qu’une chose.

 
Il ne me manquait que toi.

 

411 – Sans courage ni honnêteté

Vous êtes trop nombreux autour de moi. Je sais pas ce qui se passe en ce moment mais c’est comme si vous vous multipliez sans cesse, vous répandant comme la peste. C’est insupportable de vous voir prendre de plus en plus de place, de plus en plus d’espace, grignotant chaque un peu plus le reste du monde.

Vous. Vous les sans-courage. Vous les sans-honneur.

 
Je ne parle pas d’engagement. Je ne parle pas de guerre, ni de militantisme, ni de politique. Je ne parle pas de ceux qui parlent beaucoup de ce qu’il faudrait faire, et qui ne font rien. Tous ceux-là on leur tombe déjà assez souvent dessus, et ils ne m’intéressent pas.

Je parle de relations humaines. De gens qui n’ont pas la volonté d’assumer.

 
Y a le type qui te fait la gueule pour une connerie, mais qui est incapable de te le dire en face. Il en parle à vos amis en commun, il en parle à la Terre entière en précisant toujours qu’il ne faut rien te raconter, mais il ne vient jamais te signaler qu’il a un souci avec toi. Il préfère laisser pourrir votre amitié plutôt que de te confronter.

Il n’a ni le courage ni l’honnêteté de te parler.

 
Y a le mec qui vit à des centaines de kilomètres. Ton mec, enfin c’est ce que tu crois mais bon, il t’a pas parlé depuis des semaines. Quand tu provoques le dialogue il tente toujours d’esquiver, et puis il finit par te dire qu’il y a quelqu’un d’autre mais il sait pas ; il sait pas parce qu’il revient bientôt, alors est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Toi tu t’en fous de savoir si ça vaut le coup, tu veux qu’il assume le fait qu’il ne t’aime plus ou bien qu’il décide de rester avec toi, pas qu’il se foute dans cet entre-deux où tu vas devoir le quitter par toi-même alors que tu veux faire ta vie avec lui.

Il n’a ni le courage ni l’honnêteté de prendre une décision.

 
Y a le faux-cul du coin qui admettra jamais qu’il te déteste, qu’il te trouve absolument con et qu’il en peut plus de te voir partout. Pourtant il continue à te saluer en soirée ; il vient te parler pendant des dizaines de minutes comme si vous étiez potes alors qu’au fond il préférerait te voir crever – ça il le garde pour lui et ses vrais potes, auprès desquels il crache sur toi dès que t’as le dos tourné.

Il n’a ni le courage ni l’honnêteté de t’avouer la vérité.

 
Y a ces trois-là, y en a mille autres et puis y a le blogueur qui préfère déverser sa bile dans un long billet plutôt que d’aller les affronter. Plutôt que de leur mettre directement le nez dans la merde, plutôt que de leur montrer qui ils sont vraiment.

Il écrit, il balance mais surtout il ne va pas les voir.

 
Vous êtes trop nombreux autour de moi. Vous, les sans-courage et les sans-honneur.

Vous êtes trop nombreux et j’ai bien peur que vous ne commenciez à déteindre sur moi.

 

410 – CatQ

Ses mouvements me hantent. Depuis que je l’ai vue sur scène, depuis des mois, depuis qu’elle s’est produite devant moi, presque rien que pour moi.

Je ne vois plus qu’elle.

 
C’était totalement imprévu. Je n’étais pas venu pour elle ; je ne la connaissais pas d’ailleurs, je n’avais même jamais entendu parler d’elle. J’étais présent dans cette salle pour une toute autre raison – je n’aurais d’ailleurs pas dû y être à ce moment-là. À l’instant où elle s’est approprié l’espace.

L’espace, et mon âme.

 
Je l’ai vue monter sur la scène. J’étais au pied du podium sur lequel elle allait se produire ; autour de nous, une trentaine de techniciens s’affairaient, ne prêtant pas vraiment attention à ce qui allait se passer. Derrière moi il y avait bien quelques membres de la production, peut-être une ou deux personnes de son entourage, mais aucun n’était aussi près que moi.

Aucun ne fut aussi soufflé que moi.

 
Quelques notes de musique retentissent, et son costume de paillettes dorées s’anime. Elle chante, en anglais et en français ; elle danse, pop et contemporaine à la fois. Magique.

La première fois je ne comprends même pas à quoi j’assiste, subjugué par l’instant.

 
Et puis elle recommence.

 
Cette deuxième fois, j’en profite pleinement. Je sais qu’il n’y en aura pas de troisième, et que je ne pourrai pas assister à la vraie représentation – je dois me contenter des répétitions. Les yeux grands ouverts j’absorbe toute sa présence, toute sa prestance, toute son existence.

Héloïse danse et chante devant moi.

 
Elle danse et chante pour moi, même si elle ne me connaît pas.

 

409 – En orbite

En orbite, je tourne autour de vous. Je vois, j’entends, je remarque, j’observe, je tente de comprendre. J’apprends. Je suis partout et nulle part à la fois ; pour être vraiment quelque part, il faudrait que je me pose.

Que j’atterrisse, pour appartenir enfin au monde qui défile sous mes yeux.

 
J’aimerais, parfois. J’aimerais savoir comment redescendre – comment me mêler à vous que j’aperçois, tout en bas. Je vous envie de faire partie de cette grande image qui s’offre à moi, je vous envie d’y vivre quand moi je ne sais pas comment, je vous envie car en orbite je suis seul alors que vous êtes tous ensemble.

Votre monde n’est pas le mien, mais le mien n’existe pas.

 
De temps à autres je ferme les yeux, et je m’imagine parmi vous. Je marche à vos côtés, je ris avec vous, je mange avec vous, je dors avec vous, je vis avec vous. J’entends vos passions et vos espoirs, j’affronte vos peurs et vos détresses, j’expérimente votre quotidien.

Je finis toujours par rouvrir les yeux, là-haut sur mon orbite. Être avec vous n’est jamais plus qu’une illusion.

 
J’ai tout essayé, pourtant. J’ai même réussi à atterrir plusieurs fois, à poser le pied sur votre sol. Mais même en m’y attachant, même en m’enfermant, même en m’enfouissant sous terre, je suis toujours reparti – que je l’aie voulu ou non. Je n’ai pas le choix : ma place est là-haut. Ma place est autour. Ma place est en orbite.

 
Je vous vois. Je vous entends. Je vous observe. Je vous connais. Je tente de vous comprendre. J’apprends.

Je sais tout, mais ne vis rien.

 

408 – Instant concert

J’ai un pouce immobilisé, qui me fait un mal de chien. Mes gencives s’affolent, irritées par je ne sais quoi. Mon dos est partiellement bloqué, ma jambe droite enchaîne les crampes, il fait chaud, je sue, les branches de mes lunettes ont décidé de me faire mal, et mes chaussettes me grattent.

Rien ne va et pourtant, j’aimerais que toutes les soirées soient comme celle-ci.

 
Il y a trop longtemps que je n’avais pas vécu ça. Que je n’étais pas entré dans une salle sans réseau, une salle où tout est dans l’instant, et uniquement dans l’instant. Une salle où, à dix mètres, quatre musiciens partagent leur art avec des centaines de personnes.

Des centaines de personnes, et moi.

 
Ils sourient, tous. Ceux qui sont sur scène et ceux qui n’y sont pas, ceux qui ont payé pour être là et ceux qui sont payés, ceux qui viennent pour prendre et ceux qui viennent pour donner. Ils sourient et je souris, baignant dans leur joie, baignant dans leur énergie, vibrant avec eux.

Vivant avec eux.

 
Pendant deux heures ou presque, il n’existe rien d’autre. Il n’y a pas de monde extérieur, pas de sollicitations, pas d’agressions, pas de malaises, pas de soucis ni d’ennuis. Il n’y a que la musique et ce public qui appuie le rythme de ses applaudissements, cette masse unie par la force des mélodies, par la puissance des émotions offertes par le quatuor.

Il n’y a que l’instant.

 
Alors oui, j’ai un pouce immobilisé, qui me fait un mal de chien. Mes gencives s’affolent, irritées par je ne sais quoi. Mon dos est partiellement bloqué, ma jambe droite enchaîne les crampes, il fait chaud, je sue, les branches de mes lunettes ont décidé de me faire mal, et mes chaussettes me grattent. Rien ne va. Je m’en fous.

Je donnerais n’importe quoi pour que ce concert ne s’arrête jamais.

 

407 – Conséquences

J’ai pas envie de me coucher. J’ai pas envie de dormir, j’ai pas envie d’être demain.

Demain y a les soucis, les ennuis et puis rien, alors qu’aujourd’hui on est bien.

 
J’ai pas spécialement passé une bonne journée, pourtant. C’étaient même 24h plutôt absurdes, pas désagréables mais qui n’ont eu ni sens, ni logique. Un empilement de moments n’ayant rien en commun les uns avec les autres, comme un film dont le montage aurait été réalisé sans qu’il y ait derrière la volonté de respecter les principes de base de la narration.

C’était n’importe quoi mais j’en sors avec le sourire, et j’ai peur que la journée bien rangée qui m’attend ne vienne l’effacer.

 
Demain c’est certain, il faudra faire face aux conséquences d’aujourd’hui. Les bonnes comme les mauvaises. Je ne sais pas si j’ai déjà la force de participer à des affrontements ; je suis fatigué à l’avance par la portée négative des événements d’aujourd’hui, fatigué de devoir justifier, expliquer, raconter.

Dans la nuit personne ne vient me poser de question, et je suis mieux comme ça.

 
Pourtant il faudra bien rendre des comptes. La nuit n’est pas éternelle, et même si je lui offre de s’étirer encore et encore le matin nous rattrapera, elle et moi. Il nous rattrapera et avec lui un autre jour, un jour à discuter du précédent, à s’attarder sur tous ces événements décousus qui ont fait basculer mon existence.

Tout s’est accéléré alors que je n’avais rien demandé, et face à ce nouveau rythme je dois m’adapter.

 
J’aurais aimé avoir plus de temps. J’aurais aimé pouvoir réellement me préparer, mais la vie m’a pris par surprise aujourd’hui et demain rien ne sera plus pareil.

J’ai pas envie de me coucher. J’ai pas envie de dormir, j’ai pas envie d’être demain.

 
J’ai peur des conséquences, car je sais que je ne pourrai les éviter.

 

406 – Fantasme ?

Je sens ta langue qui caresse doucement mon frein. Tes seins, lourds, reposent sur ma cuisse. Tu commences doucement : ce soir, il faut que tu t’appliques. Il faut que je me concentre.

Ce soir, j’écris pendant que tu me suces.

 
Bien sûr, en te choisissant comme sujet, je choisis la facilité. Mais ce n’est pas simple tu sais, d’aligner les mots alors que ta main recouvre mon sexe et accompagne ta bouche dans ses va-et-vient. Ce n’est pas simple de penser à autre chose qu’à toi, toi qui t’animes entre mes cuisses, toi qui cherches à me faire jouir, à me faire exploser entre deux phrases, entre deux paragraphes.

Tu accélères et déjà j’ai envie de m’abandonner à toi, d’arrêter ce stupide jeu et de ne profiter que de tes lèvres. Mais pas encore.

Je n’ai pas fini mon texte.

 
Ta langue descend de quelques centimètres et vient se poser sur mes bourses. Tu as changé d’idée et moi je ne sais plus ; je ne sais plus où j’en suis, je ne sais plus si je dois lâcher ce clavier ou m’y tenir jusqu’au bout, je ne sais plus et je t’entends gémir, je croise ton regard pour y voir le malin plaisir que tu prends à m’empêcher d’écrire, à tout faire pour que je cède enfin, pour que je ne pense plus qu’à toi.

Tu ne sais pas que j’écris sur toi, mais je sais que tu aimeras quand tu le découvriras.

 
Ta bouche s’affermit autour de mon sexe. Tu as décidé que c’était assez. Qu’il fallait en finir. Tes cheveux volent autour de ta tête et tout devient flou ; j’écris machinalement, sans même regarder, sans même réfléchir – je ne vais plus pouvoir continuer très longtemps, pas dans ces conditions, pas avec ta gorge qui se resserre autour de moi et qui m’affole.

Je vais jouir. Je vais jouir. Je vais…

 
Je…